Qu’est ce que la rubéole ?

La rubéole est une maladie contagieuse causée par un virus s’attaquant aux voies respiratoires. Elle provoque des rougeurs caractéristiques qui apparaissent d’abord sur le visage, s’étendant ensuite sur la poitrine et le reste du corps.

La maladie est habituellement bénigne chez les enfants, mais elle peut avoir des conséquences dangereuses lorsqu’une femme enceinte la transmet au fœtus (rubéole congénitale). Une fois qu’une personne a été infectée par la maladie, elle est immunisée de façon permanente.

La rubéole peut être prévenue par un vaccin qui fait partie du programme de vaccination infantile au Canada et en France. Le vaccin combiné rougeole-oreillons-rubéole (ROR) a permis de réduire considérablement la fréquence de cette maladie dans les pays où il a été inclus au programme d’immunisation systématique des enfants.

Transmission

La rubéole est une maladie contagieuse qui se propage par de minuscules gouttelettes produites par le nez et la bouche. Les personnes infectées par le virus sont contagieuses environ 1 ou 2 semaines précédant les éruptions cutanées et au moins 4 jours après l’apparition des rougeurs. La période d’incubation (c’est-à-dire le temps qui s’écoule entre le moment où le virus est contracté et l’apparition des symptômes de la maladie) peut durer de 12 à 23 jours.

Prévalence

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le syndrome de la rubéole congénitale toucherait chaque année plus de 100 000 bébés dans les pays en voie de développement.

Grâce à la vaccination systématique, la rubéole est très rare au Canada. Depuis 2002, on déclare moins de 30 cas par année.

En France, la rubéole est surveillée par le réseau RENARUB qui recense, depuis 1976, les infections rubéoleuses survenues en cours de grossesse et les infections congénitales. Leur nombre est en baisse depuis 2000 et est inférieur à 10 cas par année depuis 2006.

Complications

Rarement, la rubéole peut entraîner :

  • une forme d’arthrite peu grave, affectant les doigts, les poignets et les genoux, qui disparaît habituellement d’elle-même après environ 1 mois. Elle touche plus souvent les adolescents et les adultes et davantage les femmes que les hommes (jusqu’à 70% des adultes infectés).
  • une infection aux oreilles (otite).
  • une encéphalite, touchant plus souvent les adultes (1 cas sur 6000).

Lorsqu’une femme contracte le virus de la rubéole au cours des 3 premiers mois de grossesse, cela peut avoir de graves conséquences pour le fœtus. Cette condition est connue sous le nom de rubéole congénitale (ou syndrome de rubéole congénitale). Les problèmes peuvent entraîner notamment :

  • une mort fœtale.
  • des cataractes.
  • une surdité.
  • un retard de croissance.
  • des malformations cardiaques.
  • des problèmes du développement.

Les autorités de santé publique recommandent à toutes les femmes en âge de procréer de s’assurer qu’elles sont immunisées contre le virus de la rubéole avant de tomber enceinte. Le vaccin ne peut pas être administré durant la grossesse.

La rubéole : symptômes

Les symptômes de la rubéole peuvent être légèrement différents pour chaque personne. En outre, beaucoup d’entre eux ne sont pas spécifiques à la maladie. Cela signifie que des symptômes similaires peuvent également se produire avec d’autres maladies.

Jusqu’à 50 % des personnes infectées par la rubéole ne présentent aucun symptôme. Les médecins parlent alors d’une évolution asymptomatique.

Premiers symptômes de la rubéole

Les premiers symptômes qui apparaissent généralement dans le cas de la maladie de la rubéole font penser à un simple rhume. Il s’agit, par exemple, d’une toux, d’un rhume et d’un mal de tête léger à modéré. Dans certains cas, une conjonctivite se produit également. Les yeux sont rouges et peuvent démanger. Ce sont souvent les seuls symptômes de la rubéole. Ils ne sont alors généralement pas reconnus comme des cas de rubéole.

Symptômes classiques de la rubéole

Outre les signes d’un rhume, environ la moitié des patients ont également d’autres plaintes. Il s’agit notamment de ganglions lymphatiques gonflés, souvent douloureux, dans la région du cou et de la gorge (chez les adolescents et les adultes, souvent aussi dans d’autres parties du corps). Ce gonflement se produit parce que les agents pathogènes se multiplient d’abord dans les ganglions lymphatiques avant de se propager dans l’organisme par le sang. Les ganglions lymphatiques situés derrière les oreilles et dans le cou peuvent également être douloureux ou démanger.

Chez certains patients, l’infection par la rubéole s’accompagne d’une augmentation de la température corporelle (inférieure à 38 degrés Celsius).

La rubéole se caractérise par une éruption cutanée (exanthème) constituée de petites taches rouge clair, légèrement en relief. Cela ne démange pas ou tout au plus très légèrement. Les taches rouges ne fusionnent pas entre elles, comme c’est le cas pour la rougeole. L’éruption rubéolique n’est souvent que faiblement visible. Elle se forme d’abord derrière les oreilles. En l’espace de quelques heures, elle s’étend au visage, au cou, aux bras et aux jambes et finalement à l’ensemble du corps. Après un à trois jours, l’éruption disparaît à nouveau.

En Allemagne, la rubéole est parfois appelée “rubeola”. Le terme englobe à l’origine toutes les maladies de la peau présentant une éruption cutanée rouge. Elle est donc trompeuse. En Angleterre, ce terme est utilisé pour la rougeole, par exemple. En outre, la scarlatine est appelée “rubeola scarlatinosa” dans le langage technique. En raison du risque d’erreur d’interprétation, le terme “rubéole” n’est donc que rarement utilisé en allemand.

Femme enceinte

La rubéole, lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse, peut entraîner de graves malformations chez le fœtus. Pour cette raison, le dépistage de la rubéole est obligatoire en début de grossesse : un test pour évaluer l’immunité de la femme enceinte contre la rubéole est prescrit lors du premier examen prénatal (entre deux et trois mois de grossesse), en l’absence d’un certificat de vaccination contre cette maladie ou d’une précédente analyse de sang (sérologie) montrant la présence d’anticorps contre la rubéole.

En revanche, si la future mère a déjà eu la rubéole ou a été vaccinée au moins un mois avant le début de la grossesse, le contact proche avec une personne contaminée n’entraîne pas de risque pour le fœtus.

Quels sont les risques encourus par le fœtus dont la mère contracte la rubéole pendant la grossesse ?

Le risque de transmission du virus de la rubéole de la mère au fœtus est très élevé si la mère contracte la maladie pendant le premier trimestre de la grossesse. Le risque de transmission mère-enfant est alors de plus de 80 %. Ensuite, il diminue jusqu’à une valeur de 30 % avant d’augmenter à nouveau à partir de la 30e semaine d’aménorrhée pour approcher de 100 % en fin de grossesse. Les risques encourus par le fœtus sont toutefois très différents selon le moment où la mère contracte la rubéole.

En cas de rubéole avant la 12e semaine d’aménorrhée (pendant le premier trimestre de la grossesse), l’infection peut entrainer des conséquences graves pour le fœtus. Outre le risque de décès, il existe un risque de malformations sévères (syndrome de rubéole congénitale) : malformations des yeux (risque de cécité), de l’audition (risque de surdité), du cœur, mais aussi neurologiques (avec un possible retard mental).

En cas de rubéole entre la 12e et la 18e semaine d’aménorrhée (pendant les 3e et 4e mois de la grossesse), la rubéole n’entraine généralement qu’une surdité.

En cas de rubéole entre la 18e et la 29e semaine d’aménorrhée (du 4e au 7e mois de la grossesse), le risque est quasiment nul pour le fœtus.

En cas de rubéole après la 29e semaine d’aménorrhée, soit le 7e mois de grossesse, l’infection peut entrainer un retard de croissance du fœtus.

Il n’existe pas de traitement antiviral efficace susceptible de réduire les conséquences d’une infection par le virus de la rubéole sur le fœtus.

Quels sont les risques encourus par une femme enceinte qui contracte la rubéole ?

Près de la moitié des femmes enceintes infectées par la rubéole ne présentent pas de symptôme. Les autres développent une éruption cutanée qui peut parfois être confondue avec une réaction allergique, éventuellement accompagnée de fièvre. Il n’y a pas de complication particulière à craindre pour la future mère.

Que faire si une femme enceinte n’est pas immunisée contre la rubéole ?

Sans preuve écrite d’une immunité par rapport à la rubéole, le médecin prescrit un test sérologique au moment du premier examen prénatal. Ce test consiste, à partir d’une prise de sang, à doser les anticorps dirigés contre le virus de la rubéole.

Lorsque cet examen sérologique montre que la femme enceinte n’est pas immunisée contre la rubéole, une nouvelle prise de sang à 20 semaines d’aménorrhée (au début du 5e mois de grossesse) est recommandée, afin de vérifier que la rubéole n’a pas été contractée pendant cette période.

En l’absence d’immunisation, la femme enceinte ne peut pas être vaccinée contre la rubéole pendant la grossesse. Elle doit éviter tout contact avec une personne susceptible d’être contaminée (enfant avec une éruption de tâches rosées en cours ou récente), surtout durant les 4 premiers mois de la grossesse. Pour protéger d’éventuelles autres grossesses, la vaccination contre la rubéole est pratiquée après l’accouchement, avant même la sortie de la maternité. Elle n’empêche pas l’allaitement maternel.

Quels sont les traitements de la rubéole ?

Le traitement de la rubéole se résume à la prescription de médicaments pour faire baisser la fièvre, comme le paracétamol. Si un cas survient dans une collectivité d’enfants, l’éviction n’est pas obligatoire. En revanche, il est fortement recommandé d’avertir le personnel. La généralisation de la vaccination contre la rubéole, pourtant bénigne chez l’enfant, se justifie par le risque que fait courir la maladie à la femme enceinte et au fœtus. Le vaccin anti-rubéole est associé au vaccin contre la rougeole et les oreillons.

La vaccination ROR

La prévention de la rubéole repose sur la vaccination. Le vaccin ROR a une bonne tolérance et une excellente efficacité. Il est remboursé à 100 % par l’Assurance maladie pour les enfants entre 1 et 17 ans afin de favoriser la vaccination contre ces maladies dès l’enfance. Les centres de la PMI vaccinent gratuitement les enfants de moins de 6 ans.

Les femmes nées avant 1980, en âge de procréer, non vaccinées contre la rubéole, doivent recevoir une dose de vaccin rougeole, rubéole, oreillons. Avant de se faire vacciner, elles doivent s’assurer qu’elles ne sont pas enceintes, car les femmes enceintes ne doivent pas recevoir de vaccin ROR. Néanmoins, une vaccination effectuée par inadvertance chez une femme qui ne se savait pas encore enceinte ne justifie pas d’interruption de grossesse

Rédigé par :  Jean-Jacques Perrut