Les études sur la maladie d’Alzheimer : où en est-on ?

La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative complexe qui entraîne un dysfonctionnement des connexions entre les neurones. Mieux la comprendre, étudier son évolution, identifier ses causes et ses facteurs de risques, sont autant d’éléments indispensables à la mise au point de traitements efficaces. Les symptômes cliniques sont considérés comme étant liés à la perte neuronale qui touche principalement l’hippocampe, siège de la mémoire, et les aires néocorticales donnant à la maladie d’Alzheimer son surnom de maladie de la mémoire. Certaines déclarations de recherche peuvent être déroutantes pour la plupart des gens : comme dans l’article “Facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer”, dans lequel on voit que la science ne connaît pas encore les causes ou n’a pas trouvé de remède à la maladie, mais a déjà pu prouver que certains comportements peuvent réduire le risque d’une personne de développer la maladie d’Alzheimer. Essayez de mieux expliquer les termes de la recherche scientifique. À l’aide d’exemples, clarifiez certaines informations qu’il faut garder à l’esprit concernant la recherche.

Que disent les études scientifiques sur la prévention de la maladie d’Alzheimer ?

Les études scientifiques sur la prévention de la maladie d’Alzheimer se multiplient. Leurs résultats sont souvent encourageants. Pratiquer une activité physique, ça marche. Une analyse de plusieurs études épidémiologiques a montré les bénéfices de pratiquer une activité physique. En effet, celle-ci réduirait le risque de développer la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées de 40 à 45 %. L’activité physique diminue le risque d’hypertension artérielle, de diabète et d’obésité. Par ailleurs, elle augmente le volume cérébral global et le flux sanguin vers le cerveau. Elle facilite la libération de certaines substances qui contribue à la neurogénèse : formation de nouveaux neurones et à l’angiogenèse : formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Faire du sport est donc très bénéfique pour le cerveau.

Et si on essayait le « multidomaine » pour vieillir en bonne santé ?

Une intervention multidomaine est un ensemble d’activités physiques et cérébrales. Mise en place de manière régulière, son but est d’améliorer les capacités cognitives. Les études scientifiques de prévention MAPT et FINGER montrent que chaque activité prise séparément n’a qu’un effet modeste. C’est la conjugaison de toutes ces mesures qui devient bénéfique.

Garder le contact

Plusieurs études scientifiques montrent que les personnes isolées ont un risque plus important de développer un trouble neurocognitif majeur et une démence. D’autres études concluantes ont montrées que les personnes ayant un riche réseau social avaient un risque diminué de 50 % de développer une démence. Favoriser les interactions sociales, s’inscrire à un club, faire du bénévolat, rencontrer du monde, semblent être des excellents moyens pour prévenir la maladie d’Alzheimer.

De nouvelles découvertes sur la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer touche plus de 850 000 personnes en France, avec plus de 225 000 nouveaux cas chaque année. À ce jour, il n’existe aucun traitement réellement efficace pour traiter cette maladie dont le coût humain et social est immense. Une règle communément admise est que cette forme de démence la plus commune chez les personnes âgées est accompagnée par une perte progressive et massive de neurones et de leurs terminaisons nerveuses. Contrairement à ce schéma, cette étude internationale, publiée dans les rapports scientifiques, suggère que la maladie d’Alzheimer s’accompagne au contraire d’une faible diminution de l’expression des marqueurs neuronaux et synaptiques.

1. Les connaissances sur les facteurs de risque potentiellement modifiables s’appliquent à de grands groupes de population, et non à des individus

Des études peuvent montrer que le facteur X est associé au résultat Y., mais elle ne peut pas garantir qu’une personne en particulier obtienne ce résultat. Cela signifie que vous pouvez “tout faire correctement” tout en ayant un grave problème de santé. Ou “faire tout de travers” et vivre pendant 100 ans. Par exemple, il y a des personnes qui ont continué à fumer pendant 30 ans ou plus et qui n’ont jamais développé de cancer du poumon. En même temps, il y a des gens qui n’ont jamais fumé et qui sont morts d’un cancer du poumon. Le tabagisme est le facteur X, qui augmente le risque de développer le résultat Y qui est le cancer du poumon dans cet exemple. Mais cela ne signifie pas que toutes les personnes qui fument auront un cancer du poumon. Elle n’exempte pas non plus les non-fumeurs du risque de développer cette maladie.

2. Une grande partie des données actuelles proviennent d’études épidémiologiques majeures

L’épidémiologie est la science de la santé collective qui étudie la relation de cause à effet, ou santé-maladie. Il existe à cet effet plusieurs types d’études épidémiologiques d’une population. Ces études explorent les comportements préexistants et utilisent des méthodes statistiques pour relier ces comportements aux résultats en matière de santé. Ce type d’étude peut montrer une association entre un facteur et un résultat, mais elle ne peut pas prouver la cause et l’effet. C’est pourquoi, on décrit les preuves basées sur ces études avec un langage comme “suggère”, “peut montrer”, “peut protéger” et “est associé”. Actuellement, près de 35 millions de personnes, sont atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde. Des prévisions indiquent que ce nombre devrait presque doubler tous les 20 ans. En conséquence, le coût social et économique de la maladie va également s’accroître, à moins que des mesures curatives ou de prévention ne soient rapidement établies. La plus grande augmentation des cas se fera dans les pays faiblement ou moyennement industrialisés. Cela est dû en partie à une augmentation de l’espérance de vie, ainsi qu’à un manque d’accessibilité du diagnostic et de politique de prévention. Néanmoins, une relativement bonne nouvelle dans les pays industrialisés : certaines études mesurent une diminution de près de 20 % des nouveaux cas par décennie, même si le nombre total de malades continue d’augmenter.

3. L’étalon-or pour démontrer la cause et l’effet est un essai clinique

Dans les études cliniques, il y a toujours deux groupes : le groupe expérimental et le groupe témoin. Les participants sont affectés de manière aléatoire à une stratégie de prévention ou de gestion des risques : tests ou à un groupe de contrôle. Les chercheurs suivent les deux groupes dans le temps pour voir si leurs résultats diffèrent de manière significative. Il est peu probable que certaines stratégies de prévention ou de gestion des risques soient testées dans le cadre d’essais randomisés pour des raisons éthiques ou pratiques. L’exercice physique en est un exemple. Pour tester en permanence l’impact de l’exercice physique sur le risque d’Alzheimer, il faudrait un test de grande envergure, auquel participeraient des milliers de personnes et qui les suivrait pendant de nombreuses années. Le coût et la logistique d’un tel essai seraient prohibitifs et obligeraient certaines personnes à se passer d’exercice, dont on sait qu’il est bénéfique pour la santé. Par conséquent, ce serait une étude contraire à l’éthique pour les personnes du groupe de contrôle. Cependant, il est prouvé que l’exercice régulier apporte des avantages dans la prévention et le ralentissement de la progression de la maladie d’Alzheimer, mais on ne peut pas le prouver. Dans ce cas, on parle de la théorie de la physiologie qui expliquerait comment les exercices aident, mais on ne peut pas affirmer catégoriquement que cette théorie est un fait.

Rédigé par :  Jean-Jacques Perrut